Saint Silouane

Thèmes :
De nombreux thèmes peuvent être abordés: l'humilité, la prière, la pauvreté humaine, l'Esprit Saint, l'ouverture aux autres, l'amour des ennemis,... On pourra compléter la rencontre en développant l'un de ces thèmes.

Attention dans la première partie!
Il peut arriver qu'un enfant ne se soit jamais senti aimé; en cherchant avec lui dans ses souvenirs (amitié d' un copain de maternelle, tendresse d'une institutrice, attentions d'un grand-parent,...), on lui permet de découvrir qu'il a été important aux yeux de quelqu'un et qu'il l'est pour nous aujourd'hui. Prendre beaucoup de temps avec lui.

Prière :
"Comme un souffle". "Il restera de toi". "Je viendrai vers Toi". "Viens Esprit Saint!" (deux prières)

Chants :
* Thème autour du don: "Donne tout".
* Thème autour du silence: "Je fais silence". Danielle Sciaky et Michel Wackenheim.
* Thème autour de la prière:
"Ouvrez vos mains".
"Mes mains se lèvent": Danielle Sciaky et Michel wackenheim
* Thème autour de l'Esprit Saint:
"Comme un grand vent": Claude Bernard, Jacques Berthier.
"Vive ma joie": Jean Humenry.
"Esprit d'Amour": Danielle Sciaky et Michel Wackenheim.





Amour? Doute? Confiance? Désespoir?


*Réfléchir:

->Je suis aimé! J'en suis convaincu!
Chaque enfant réfléchira et cherchera ce qui le fait croire en l'amour de ses parents, d'un grand-parent, d'une soeur, d'un oncle, d'une marraine, d'un ami,... (signes, gestes, paroles,...--> la personne prend du temps pour moi, invitation, lettre reçue, petit cadeau, gestes de tendresse, visite, appel, ...)
->Parfois, il m'arrive de penser que je suis le "préféré", le plus important, l'unique, le seul (à la maison, à l'école, dans l'amitié)... D'autres fois, il m'arrive de vouloir le devenir...
->D'autres fois aussi, il m'arrive de douter de l' amour, ou de ne plus le sentir, ou d'être un peu jaloux de ce qu'il soit partagé avec d'autres ... Dans ces moments là, il peut peut-être m'arriver de me replier sur moi-même, de m'enfermer, de "bouder", de construire des murs autour de moi ("prison")... Et si cet enfermement dure trop longtemps, je peux me sentir abandonné, délaissé. Tout peut devenir noir autour de moi. Réfléchir...
->Comment puis-je remédier à cette jalousie, cet égoïsme ou cet orgueil?

*Ecrire les réflexions de chacun: (voir notre exemple ci-dessous)

Lorsque je suis malade et que je n'ai plus la force de me lever, maman m'accompagne et me veille.

Lorsque j'ai peur la nuit et que je n'arrive pas à m'endormir, papa vient près de moi et apaise mes craintes.

Lorsque je tombe, que je me relève les genoux ensanglantés et que j'ai envie de pleurer, maman me console et me porte.

Lorsque je boude seul dans mon coin, papa sait me rejoindre et m'aider à retrouver le chemin des autres.

Lorsque je n'ai plus le courage de continuer, de faire des efforts, d'aller jusqu'au bout de mes choix,..., maman me parle et me relève.

Lorsque je me sens seul, sans amis, sans idées, comme inutile, papa vient me parler et ses paroles réchauffent mon coeur.



Lorsque j'ouvre en grand mes yeux, je vois un papa, une maman qui me protègent, me portent, m'apaisent, me soutiennent, me guident, m'encouragent, me réchauffent, me poussent vers les autres,...
Lorsque j'ouvre en grand mes yeux, je vois tout l'amour que mes parents ont pour moi. Je sais qu'ils sont toujours avec moi et qu'ils m'aiment profondément!



Mais pourtant il m'arrive, lorsque je les vois s'occuper tendrement d'un frère ou d'une soeur, de me sentir comme délaissé, comme abandonné. Dans ces moments là, j'ai peur de perdre leur amour, de ne plus compter à leurs yeux ou de compter moins que les autres.



Je le reconnais: parfois, je suis peut-être un peu égoïste; d'autres fois, peut-être un peu orgueilleux (je voudrais être comme le centre du monde). Mais cette manière de vivre ne me donne pas la paix. Je ne me sens pas heureux...
Je ne retrouve le bonheur que lorsque je rejoins les autres et l'amour qui circule.



Pour retrouver la paix, je dois m'ouvrir à l'amour et continuer à l'accueillir avec joie lorsqu'il se donne. Mais je dois aussi savoir l'offrir généreusement autour de moi.
Il ne faut pas avoir peur: lorsqu'il se partage, l'Amour ne diminue pas... Il se multiplie.




*Réfléchir: "Est-ce que je donne de l'amour autour de moi?"













La vie de Silouane (Avec les plus jeunes):














La vie de Silouane (Pour les plus grands):



  • Raconter:
  • Syméon Ivanovitch Antonov est né en 1866 dans un village russe au sein d'une famille nombreuse ( 2 filles, 5 garçons) et profondément chrétienne (orthodoxe). Son père, un homme plein de douceur et de sagesse, vit une existence éclairée par une foi profonde.
    Tout jeune, Syméon Ivanovitch souhaite parcourir la terre pour trouver Dieu. Bien vite, il réalise que Dieu est partout... A 19 ans, il est attiré par la vie monastique. Mais son père lui demande d'effectuer d'abord son service militaire. Syméon Ivanovitch se remet alors à vivre comme beaucoup de jeunes de son âge et sa jeunesse connaît quelques orages: il blesse par exemple grièvement l'un de ses camarades au cours d'une dispute. Un jour cependant, il entend en songe une voix d'une grande douceur et d'une grande beauté lui dire:" Je n'aime pas voir ce que tu fais." Il a aussitôt la conviction profonde que cette voix est celle de la Sainte Vierge.
    Pour cette "visite" qui le relève et qui joue un rôle décisif dans le choix de la voie qu'il va vivre désormais, il rendra grâce à Marie jusqu'à la fin de ses jours....
    Après son service, il embrasse la vie monastique et part pour le mont Athos (en Grèce) où il entre comme novice au monastère Saint-Pantéléimon. Là, sa vie est partagée entre le travail ( qui consiste à fournir la farine pour nourrir quotidiennement les moines et les nombreux pèlerins) et la prière .
    Lors de sa profession monastique, Syméon Ivanovitch va recevoir le nom de Silouane (en français: Sylvain). On pourrait penser que désormais sa vie est toute simple, toute fluide, toute habitée de Dieu... Ce serait se tromper! Après des moments pleins de ferveur et de Grâce, Silouane connaît le doute, la vanité, l'angoisse, le désespoir, les tentations... Un jour où il éprouve un sentiment de délaissement absolu, il s'effondre. Et voilà que dans la chapelle du Saint Prophète Elie, Jésus lui apparaît, vivant, posant sur lui un regard d'une infinie bonté. Silouane sent tout son être, corps et âme, rempli du feu de Dieu.
    Après cette rencontre Silouane écrira:
    "L'âme qui a connu le Seigneur est attirée vers lui par amour, et l'ardeur de cet amour ne lui permet pas de l'oublier, ni le jour, ni la nuit- pas un seul instant."
    On pourrait croire, qu'après cette expérience lumineuse, la paix, la joie, l'amour accompagneraient Silouane dans chacun de ses jours et que les épreuves seraient terminées! Mais non... Rien de tout cela...
    Silouane a beaucoup reçu et ce qu'il a reçu est si Beau, si Merveilleux, que toujours il voudrait le recevoir! Une crainte l'habite maintenant: celle de perdre la Grâce reçue, celle de ne plus connaître ces moments éblouissants... Parfois, il ne ressent plus La Présence de Dieu, il se sent comme abandonné, plongé dans les abîmes. D'autres fois, Dieu est là qui le console... Silouane va vivre quinze années difficiles, quinze années d'écartèlement entre la paix et l'angoisse.
    "Pour celui qui a connu La Gloire de Dieu et la joie, la paix, la douceur et l'amour qui l'accompagnent, la perte de La Grâce, l'éloignement de Dieu est le plus grand des malheurs."
    Un jour, il choisit de quitter le monastère et de se retirer dans une dépendance située dans la montagne, à plus d'une heure de marche (au "Vieux Rossikon"). Cette retraite durera plus d'une année. Dans ce temps, il fait une expérience intérieure importante. Lors d'une prière, il demande au Seigneur: "Que dois-je faire pour que le mal me quitte?"
    Et le Seigneur lui répond dans son âme: "Les âmes orgueilleuses souffrent toujours du mal."
    Silouane demande alors: "Seigneur, apprends-moi ce que je dois faire pour que mon âme devienne humble."
    Il reçoit cette réponse:" Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas."
    Silouane retourne alors au monastère de Saint-Pantéléimon. Il retrouve le travail et la prière; il apprend aussi, jour après jour, et avec l'aide du Saint-Esprit, à lutter contre l'orgueil. Peu à peu, son âme devient plus humble. Il essaie de ne pas contredire, de ne pas juger les autres,... Si l'on ne le comprend pas, il préfère se taire. Il garde son âme entre Les Mains divines:
    "C'est du Seigneur que mon âme a appris l'humilité".
    Peu à peu, il trouve la paix de Dieu et la liberté de ceux qui se tiennent constamment en Dieu.
    Ses mille occupations (il a la charge d'environ 200 ouvriers) ne troublent pas sa paix intérieure, ni n'interrompent sa prière. La prière fait partie de sa vie; sa vie est prière. Dès qu'il est "libre", il se retire dans sa cellule et prie avec ses larmes pour ces ouvriers pour qui il éprouve une grande compassion. Il voit la souffrance des autres et il la porte. Il n'oublie pas de prier pour les pauvres et aussi pour le monde entier et pour toutes les créatures. Son amour du prochain s'étend à l'humanité entière. Il loue Dieu pour la beauté de son oeuvre.
    "L'Esprit de Dieu apprend à l'âme à aimer tout ce qui vit, au point qu'elle ne veut pas faire de mal même à une feuille verte sur un arbre, et qu'elle ne voudrait pas écraser une fleur des champs."
    Il prie aussi pour ses ennemis. Il voit dans cet amour le critère de l'authenticité d'une vie spirituelle.
    Sa prière est tellement forte, si pleine de ferveur, qu'il peut écrire:
    "Prier pour les hommes, c'est verser son sang."

    Il intercède pour les autres et Dieu écoute sa prière. Parfois, il y a "miracle"; Silouane dit:
    "J'ai compris que c'est Le Saint Esprit demeurant en l'homme qui accomplit des miracles.
    A partir de 1925, Silouane atteint un état de parfaite stabilité spirituelle. Rien ne peut plus troubler la paix intérieure établie en lui par le Saint Esprit.

    Silouane est toujours resté un simple moine d'apparence ordinaire mais ceux qui l'ont approché disent de lui qu'il était un homme d'un grand amour à l'âme remplie de douceur. Il suffisait d'une seule conversation pour aimer cet homme. Beaucoup venaient vers lui pour recevoir des conseils. Sa mort le 24 septembre 1938 a touché beaucoup de pélerins et de moines.
    Silouane fut canonisé par le patriarche de Constantinople le 26 septembre 1987.





  • Quelques petites pistes possibles:


  • *Les tentations de Silouane:
    tentations de retourner vers le monde, de mettre fin à sa vie monastique.
    Puis, tentation de se croire arrivé à une vie exemplaire: il pense être devenu un bon moine (autosatisfaction, vanité). Silouane porte son regard vers lui-même, vers son moi, vers son "JE". En agissant ainsi, il s'éloigne de Dieu et "tombe"... En lui n'existent plus que tourmente et abîme. Il se sent seul, délaissé. Il s'effondre...
    Au fond de l'abîme, il se souvient du Très Haut, de Sa Beauté, de Son Amour et l'élan de son coeur s'envole vers LUI. Silouane s'oublie et s'abandonne alors entre Les Mains de Lumière. Cet abandon l'ouvre à La Grâce: il voit Jésus vivant... Son être entier se trouve rempli du Feu de La Grâce, de La Lumière de L'Esprit Saint, de La Plénitude de L'Amour divin.
    On pourrait croire que désormais la paix serait toujours avec lui.
    Mais de nouvelles tentations l'assaillent: la crainte de perdre La Grâce, la peur de voir Dieu s'éloigner (nouveau regard vers lui-même) et puis l'orgueil (l'impression d'être important, d'être au-dessus des autres: tout le monde ne vit pas une expérience lumineuse). Silouane souffre beaucoup parce que son regard reste accroché à lui-même, à sa vie, à son devenir et puis, il manque d'humilité. L'Esprit Saint ne peut vivre que dans une âme humble; une âme qui sait qu'elle n'est pas arrivée, une âme qui se laisse conduire.



    *"Tiens ton esprit en enfer; et ne désespère pas!"