Rencontres possibles
autour du thème de la mort

Prières:
*Il restera de toi.

Voir aussi:
*Dans bricolage: création d'un papillon.
*Dans images et coloriages: tombeau ouvert (voir le temps de Pâques)

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Pourquoi ce thème?


Tous les ans, nous recevons des demandes du type de celle de Nadia:
"Bonjour! C'est dans un moment difficile que je me tourne vers vous. Dans notre établissement scolaire, un petit garçon de 11 ans vient de nous quitter. Je suis catéchiste et me sens désemparée pour ses copains à qui je fais le caté. Que vais-je pouvoir leur dire, qu'elles sont les textes que je vais pouvoir utiliser pour que ces enfants trouvent le réconfort, et quelles prières aussi. Merci par avance.
Nadia"


Quelques réponses rapides:


*Il est important de ne pas cacher la mort aux enfants et de leur en parler naturellement.
Cela les prépare à d'autres morts qu'ils devront affronter plus tard (proches, amis).

*La mort fait partie de toutes vies. La mort est naturelle. Les plantes meurent, les animaux meurent, les humains meurent.
Autour de nous la mort est permanente mais nous ne la voyons pas. Tous les jours des plantes, des animaux du jardin meurent... Tous les jours des hommes meurent. Le cycle de la vie peut être très court. Une plante annuelle pousse, donne des fleurs, des fruits, des graines puis disparaît dans l'année. Un papillon est éphémère... D'autres plantes, d'autres animaux vivent plusieurs années... Mais un jour, ils meurent. Les humains sont comme les plantes ou les animaux; ils ne sont pas éternels. Ils terminent un jour leur vie.

*Personne ne connaît l'heure de sa mort. On ne choisit pas de mourir (donc l'enfant ne peut en vouloir à la personne qui est décédée) On peut mourir jeune ou très vieux. C'est peut-être cela qui fait que la mort est difficile. On ne peut pas s'y préparer. Mais que l'on soit jeune ou vieux, on a toujours le temps de semer quelque chose de beau. (Voir le beau texte de Gilles, papa d'Alexandre mort à 5 ans)

Petit Alexandre.
Petit Alexandre.
Petit bonhomme, petit pépin de pomme,
Par l'Amour, tu as germé
Par ce même Amour dans notre vie tu es entré
D'un grand bonheur tu nous as comblés,
Tout au long de ces cinq magnifiques années.

Merci pour tes sourires,
Merci pour tes regards.
Merci pour tes douceurs
Merci pour ton petit cœur qui était grand et bienveillant,
Merci pour tout ce que tu nous as donné pendant cette petite vie si brutalement écourtée.

A présent, petit bonhomme, de l'arbre tu es tombé!
Comme une petite pomme dans le Ciel tu as roulé
Mais ce joli fruit dans notre cœur nous allons le conserver
Gilles Fleur, papa d'Alexandre renversé par une voiture dans son village.

*Dans notre conversation, être franc avec les enfants: La mort est un mystère! On pourra dire: "La vie après la mort, je ne peux pas exactement t'expliquer ce que c'est, car je ne le sais pas." Si nous sommes croyants, il faut aussi, oser dire sa foi, son espérance: "Oui, je crois que la vie continue après la mort.", "Oui, je crois qu'on ne peut plus voir ceux qui sont morts mais je garde en mon coeur leur présence et je pense que pour le mort, c'est la même chose. Je crois en une communion par-delà la mort..."

* Mais ne pas anticiper; ne pas aller plus vite que leurs questions. Répondre à leurs questions avec simplicité, franchise...

*On peut entamer une discussion. "Quelles séparations a-t-on vécues et qui nous ont marquées? Perte d'un animal, d'un être vivant... Qui a perdu un proche: grand-père, grand-mère...? Qu'a-t-on ressenti?" Laisser s'exprimer les enfants entre eux. Ils s'apporteront mutuellement.

*Les larmes, la peine sont normales. On est triste parce que la personne décédée va nous manquer. Notre vie va changer si cette personne était proche de nous!








Rencontre autour du grain de blé










Rencontre autour de la chenille qui devient papillon










Rencontre autour du thème de la mer:



  • La petite vague

  • C'est l'histoire d'une petite vague qui va clapotant sur l'océan.
    Elle s'amuse comme une folle! Elle monte; elle descend; elle se balance avec ses soeurs...
    Elle est heureuse dans le vent et le grand air! La vie est belle!
    Un jour, alors qu'elle se rapproche du rivage, elle voit ses soeurs s'écraser sur le sable, puis disparaître.
    "Mon Dieu! C'est affreux!" dit la vague.
    "La fin est là, juste devant moi!"
    Notre petite vague voudrait bien freiner, reculer; elle a peur et sa mine s'assombrit...
    Une de ses soeurs remarque son air attristé et lui demande:
    "Pourquoi as-tu l'air si triste?"
    La petite vague répond:
    "Ne comprends-tu pas? Nous allons toutes nous écraser! Nous allons toutes disparaître sur le rivage!
    C'est affreux!"
    La deuxième vague lui répond:
    "Non! C'est toi qui ne comprends pas.
    Tu n'es pas qu'une vague; tu es une partie de l'océan; tu ne peux mourir sur le rivage..."

    Le texte de "La petite vague" nous dit que nous faisons partie d'un courant plus grand, d'un océan infini. En fait, nous ne savons pas vraiment qui nous sommes... Jésus, en nous parlant de Dieu comme d'un Père tout Amour, nous dit un peu l'Océan d'Amour dans lequel nous baignons sans nous en apercevoir (un peu comme la petite vague).



  • Le voilier: De William Blake.

  • Je suis debout au bord de la plage.
    Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
    Il est la beauté, il est la vie.

    Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
    Quelqu'un à mon coté dit: "Il est parti!"
    Parti? Vers où?
    Parti de mon regard, c'est tout!
    Son mât est toujours aussi haut,
    sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
    Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.

    Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit: "Il est parti!"
    Il y en d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
    S'exclament avec joie: "Le voilà!"

    C'est ça la mort.




    Peu à peu, le voilier disparaît de notre vue. On pourrait croire qu'il n'existe plus... Pourtant, il est toujours ce qu'il a toujours été. D'autres le voient, le touchent.
    William Blake compare la mort à ce voilier qui disparaît. La personne qui voit le bateau partir ressent de la tristesse, un manque. Toutes celles qui le voient arriver sont dans la joie!









    Textes pour compléter:



  • Extraits du "Petit Prince"

  • Ce qui est important, ça ne se voit pas...
    Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile, c'est doux, la nuit, de regarder le ciel.
    Toutes les étoiles sont fleuries...

    Lorsque je serai parti, tu regarderas, la nuit, les étoiles. Mon étoile, ça sera pour toi, une des étoiles du ciel.
    Alors, toutes les étoiles, tu aimeras les regarder... Elles seront toutes tes amies.
    Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une des étoiles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera comme si riaient toutes les étoiles.
    Tu auras des étoiles qui savent rire!

    Et quand tu seras consolé, tu seras content de m'avoir connu.
    Tu seras toujours mon ami.
    Tu auras envie de rire avec moi.
    Et tu ouvriras parfois la fenêtre, comme ça, pour le plaisir... Et tu riras en regardant le ciel...

    Cette nuit... tu sais... ne viens pas.
    J'aurai l'air d'avoir mal... J'aurai un peu l'air de mourir... Tu auras de la peine...
    J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai...
    Tu comprends. Là où je vais, c'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.
    Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée.
    Ce n'est pas triste les vieilles écorces...




    L'extrait du "Petit Prince", parle de la difficulté et de la souffrance de la séparation. Lorsqu'un de nos proches meurt, il nous manque, nous avons de la peine... Nous aimerions le voir encore, l'entendre, lui parler,...
    Le texte du Petit Prince nous invite à croire que la vie ne s'arrête pas avec la mort. C'est un texte plein d'espérance.








    Quelques jeunes nous donnent leur avis:




    La mort me fascine et m'intrigue.
    Elle me fait peur parce que je me demande si elle est comme on l'imagine vraiment (Bonheur de retrouver les personnes qui sont parties avant moi;
    bonheur de rester liée avec ceux qui restent sur la terre).
    Clémence-17 ans


    La mort, pour moi, n'est qu'un moment de la VIE . Tout homme qui naît doit forcément mourir... Ce n'est juste qu'une phase.
    Personne ne connaît ce qui se passe après mais je pense qu'on y trouve que du BONHEUR! On y trouve aussi les réponses du pourquoi et du comment. (Pourquoi l'existence, pourquoi l'univers?)
    Pour ma part, Dieu n'est pas forcément celui que l'on rejoint (je ne crois pas forcément en lui).
    Je n'ai pas peur de la mort. Les gens ont peur parce justement la mort est une inconnue! Mais qui sait: je n'ai pas peur aujourd'hui parce que je suis en vie. Le jour ou je saurai qu'il me reste X jours à vivre peut-être que je ne dirai pas la même chose. C'est pour cela: "profitons du moment présent !!"
    Thomas 20 ans


    Pour moi, la mort est une étape normale dans la vie de l’Homme : dès la naissance ( ou peu de temps après), il sait qu’il devra mourir un jour. La mort ne m’effraie pas. Je pense que, ce qui est le plus pénible dans la mort, est de laisser dans la souffrance ceux que nous aimons. En effet, ayant connu nous-mêmes, au cours de notre vie, des décès, nous savons la douleur que cela inflige aux proches du défunt et nous n’acceptons pas de pouvoir blesser autant et inconsciemment nos parents, nos familles, nos amis … Je crois à la vie après la mort. Cela me permet de ne pas avoir peur de « l’après ». Je me dis que je connaîtrai la continuité de la vie que je mène « sur terre ». J’aime penser aussi que je retrouverai les gens que j’aime et ceux que je rêve de rencontrer. La mort fascine beaucoup à l’adolescence où l’on est en pleine recherche de soi-même. J’y ai souvent pensé dans les moments noirs que j’ai pu vivre. La solitude et les coups de blues à répétition ne facilitent pas le retour à la surface, mais il ne faut jamais croire que la mort puisse guérir ces souffrances intérieures. Autour de nous, se trouvent des gens qui sont présents pour nous écouter et nous consoler. Allons les voir et retrouvons le soleil beau et chaud qui nous éclaire habituellement. Le principal bonheur de l’Homme réside dans la Vie : alors, VIVONS !
    Pascal 18 ans


    La mort, quand j'étais petite, c'était quelque chose qui me faisait vraiment peur! Peur parce qu'inconnu surtout... C'était comme un trou noir, quelque chose d'indescriptible. Mais ce qui m'effrayait le plus, c'était la douleur, la peur d'avoir mal en mourant. Je m'imaginais aussi que c'était quelque chose de lointain qui ne m'atteindrait pas de si tôt, ce n'était que pour les personnes agées...

    En grandissant, on a l'impression de mieux comprendre ce que c'est, du moins sur le plan physique, médical. On comprend que c'est l'organisme qui fatigue, etc... Mais la mort, sur le plan "métaphysique", reste un phénomène inexplicable : où s'en va l'âme? Elle ne peut pas mourir, c'est impossible! L'âme ce n'est pas le corps... En grandissant, la mort ne doit donc pas être vécue de la même façon. La question de la mort devient plus abstraite je pense. Et puis, on lit des livres, on va à la messe, on comprend mieux la parole de Dieu, on croit à la résurrection, ou on essaye d'y croire; pour ma part, c'était une sorte de lumière, d'espoir. Non, on ne disparaît pas après la mort, on survit, mais comment, je ne sais pas.

    Et puis, c'est lorsque que l'on rencontre la mort qu'on réalise vraiment ce que c'est. Il y a un an, j'ai perdu mon meilleur ami, un garçon super, plein de vie, avec une joie de vivre incomparable. Et là... un trou, un vide, une déchirure. Dieu existe-t-il vraiment? Pourquoi n'a -t-il pas sauvé Arda? Pourquoi lui? Et là, je me suis rendue compte, que ce qui me fait le plus peur, ce n'est pas tant ma propre mort mais celle de ceux que j'aime. La mort de quelqu'un, c'est la remise en question de beaucoup de choses, sur le sens de sa vie, sur la religion, sur ses priorités... C'est un recul qu'on prend, une perte qui devient une force. Après le choc, peu à peu, j'ai recommencé à aller à la messe, surtout pour parler à mon ami plus que pour prier Dieu. Et puis après, aller à la messe est devenu une nécessité.

    Finalement, la mort est une chose horrible, une blessure qui ne cicatrise pas, mais il faut savoir en faire une "force". C'est étrange de dire ça! La mort est une étape inévitable de la vie, il faut s'y résigner et essayer de la comprendre, c'est comme ça que ca passe le mieux. C'est en cherchant, en se recueillant qu'on peut l'accepter avec plus de sérénité.
    Astrid 17 ans